Quatre bédouins

Il s’installa dans sa voiture. Minuit moins sept. Il démarra le moteur et prit une autre route de manière à ne traverser l’endroit qu’une seule fois. Après une dizaine de minutes, il s’arrêta. Il ôta ses mains du volant, prit une grande respiration et accéléra.

Il appuya de plus en plus profondément sur la pédale. Les pierres de la montagne sur sa droite défilèrent. Le bruit du moteur grandit. Trois silhouettes commencèrent à se dessiner au bout de la route. Un coup de poing dans le thorax. Il hésita à lever le pied. Il fixa son regard sur la route et enfonça son pied sur la pédale. Les silhouettes grandirent. La lumière des phares les éclaira. Les visages s’illuminèrent. Il accéléra encore et arriva à une dizaine de mètres.

Les pupilles.

Tout s’arrêta.

Le bruit du moteur, l’adrénaline, la ville, la route, le temps, plus rien d’autre n’exista.

Les enfants ne regardaient pas la voiture, ils le regardaient lui. Ils le regardaient comme la première fois. Sans peur, sans défiance, sans mépris, sans tristesse, sans courage, rien ; rien d’humain, rien de céleste, rien, rien d’autre que le noir éclatant.

Ils ne bougeraient pas.

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